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samedi 4 mars 2017

Parcs d’éoliennes en mer et créations d’emplois



EOLMED précise ses intentions pour le Parc pilote d’éoliennes au large de Gruissan :

Voici un extrait de La lettre d’information du Parc Pilote EOLMED – Mars 2017

L’éolien offshore, nouveau gisement d’emploi pour le territoire

« L’éolien est promis à un bel avenir. Déjà plus d’un million d’emplois créés au niveau mondial, dont près de 14 500 dans notre pays, tous secteurs confondus. Et bientôt 10 000 de plus avec l’éolien offshore compte tenu de la dynamique d’investissement actuel : 2 milliards d’euros pour 500 MW construits ! Un marché très prometteur pour la France, où l’Occitanie, région pionnière avec 1310 emplois dédiés et 1 100MW de puissance éolienne terrestre, compte poursuivre son avancée avec le développement de fermes pilotes en éolien flottant, dont EOLMED sur le site de Gruissan. C’est là, dans l’extension portuaire de Port-la-Nouvelle, que de nouveaux gisements d’emplois pourraient voir le jour avec la réalisation sur place de 4 flotteurs de nouvelle génération et l’assemblage des éoliennes : 330 emplois créés pour la construction des ensembles flotteur/éolienne, ainsi qu’une vingtaine d’emplois pour leur maintenance. Des emplois directs, qui pourraient générer de nouveaux emplois indirects. »

Il est bien clair que les seules créations d’emploi envisagées par EOLMED dans le cadre de la maintenance ne concernent que Port la Nouvelle, aucune n’est prévue à Gruissan même !

Voilà bien une confirmation de ce que nous écrivions le 8 février 2017 sur ce blog dans notre article « PARC ÉOLIEN DE LEUCATE : MICHEL PY VEND DU VENT ! » : les créations d’emploi associées au Parc d’éoliennes au large de Leucate ne concerneront hélas pas notre commune, contrairement à ce qu’affirme Michel Py.

mercredi 8 février 2017

PARC ÉOLIEN DE LEUCATE : MICHEL PY VEND DU VENT !


Agacé par les fanfaronnades répétées de Michel Py, qui ne manque pas une occasion de se glorifier des créations d’emploi qu’il prévoit avec le futur parc éolien en mer (ce n’est pourtant pas lui qui a obtenu le succès de ce projet, mais les parlementaires Audois auxquels il s’oppose), LEUCATE POUR TOUS a décidé d’approfondir sérieusement la question.

Le projet de ferme éolienne expérimentale retenu pour le site de Leucate-Barcarès est celui présenté par Engie, qui est à la tête d’un consortium réunissant le portugais EDP Renewables, la Caisse des Dépôts et Eiffage (lemarin.fr, 14/04/2016).

Ce projet est connu sous le nom « Les Eoliennes Flottantes du Golfe du Lion » ou LEFGL.

Qui sont donc ces partenaires ?

Engie, anciennement connu sous le nom GDF Suez, est un groupe industriel énergétique français. C'était le troisième plus grand groupe mondial dans le secteur de l'énergie en 2015. Son principal actionnaire est l'État français qui détient un tiers du capital, (wikipedia/Engie). C’est un leader solide, compétent dans le domaine énergétique !

EDP Renewables ou EDP Renovàveis (edpr.com) est une filiale de Energias De Portugal (EDP), société privée au capital international, spécialisée dans la production d'électricité à partir d'énergies renouvelables. EDPR dispose d’une expérience déjà importante dans le domaine de l’éolien offshore et des éoliennes flottantes, selon le concept de structure flottante Principle Power. C’est un partenaire expérimenté dans ce domaine de pointe.

La Caisse des dépôts et consignations (CDC), souvent simplement appelée Caisse des dépôts, est une institution financière publique française créée en 1816. Placée sous le contrôle direct d'une commission de surveillance rendant compte au Parlement, elle exerce des activités d'intérêt général pour le compte de l'État et des collectivités territoriales ainsi que des activités concurrentielles (caissedesdepots.fr). C’est un garant financier habituel.

Eiffage est un groupe de construction et de concessions français, fondé en 1993 par la fusion de Fougerolle et de SAE . Le groupe exerce aujourd'hui dans de nombreux domaines des Travaux Publics : Construction, Infrastructures, Concessions et Énergie. Il s'agit du troisième groupe de constructions et de concessions français, derrière Vinci et Bouygues, et du cinquième groupe européen (eiffage.com). C’est un partenaire d’envergure, habitué des grands travaux.

Quel est le projet LEFGL ?

La Caisse des Dépôts décrit ainsi le projet (caissedesdepots.fr/eolien) : « Située au large de Leucate-Le Barcarès, l'un des plus importants gisements éoliens maritimes français, la ferme pilote comprendra 4 éoliennes GE Haliade 150-6 MW unitaires associées aux flotteurs semi-submersibles conçus par Principle Power. » 



                      
Cette société Principal Power (principlepowerinc/windfloat) a déployé dès 2011 un prototype d’éolienne flottante WindFloat de puissance 2 MW à 5 km au large de la côte Portugaise ; cette structure avait été assemblée au sol puis remorquée en mer sur 400 km avant mise en place. Après 5 ans d’expérimentation sur site, où elle a donné satisfaction, cette éolienne a été ramenée à terre pour un examen de vieillissement approfondi, dont les résultats sont également satisfaisants.

Comment est prévue la réalisation du projet LEFGL ?

Toujours selon la Caisse des Dépôts (caissedesdepots/eolien-projet) « les flotteurs semi-submersibles seront conçus par Principle Power à Aix-en-Provence et construits par Eiffage Métal à Fos-sur-Mer. L’assemblage, le stockage et la logistique de l’ensemble seront réalisés à Port-la-Nouvelle, dans l’Aude. Développé en pleine concertation avec les acteurs des territoires, le projet bénéficiera en particulier aux entreprises des régions Occitanie et Provence Alpes Côte d’Azur (notamment via la diversification de l’usine de Fos-sur-Mer vers les énergies marines renouvelables). A l’issue d’une phase d’études et de concertation, puis de construction, les éoliennes seront mises en production dès 2020 ».

Quel impact sur l’économie Leucatoise peut-on réellement attendre de ce projet LEFGL ? Quelles créations d’emplois à Leucate ?

Trois niveaux de possibilités de retombées économiques d’un tel projet sont à envisager : la construction, la maintenance, les redevances. La conception est commencée ailleurs et se développera ailleurs (Aix en Provence, par exemple).

La construction ne concernera en rien Leucate qui ne dispose d’aucune infrastructure à la mesure du problème, comme nous l’avons déjà indiqué dans ce blog par nos articles des 21/01 et 26/01/2017. Barcarès n’a pas plus d’atouts. Pour les curieux impénitents, le site principlepowerinc/windfloat présente une brève vidéo de la réalisation d’une « petite » éolienne 2 MW, celles que nous attendons auront une taille bien supérieure. Il est clair que les infrastructures nécessaires n’existent pas à Port Leucate. L’expérience Portugaise de EDP Renewables et Principle Power démontre que le site d’assemblage d’une éolienne flottante peut être très éloigné du site d’implantation. Les flotteurs seront réalisés à Fos sur mer et l’assemblage doit avoir lieu à Port la Nouvelle, dont l’équipement déjà existant devra sans doute être amélioré pour cette occasion ; rappelons que Port la Nouvelle accueillera également la construction des flotteurs en béton destinés à la ferme d’éoliennes marines de Gruissan.

Les retombées économiques dans l’Aude de la phase construction concerneront donc exclusivement Port la Nouvelle, absolument pas Leucate. Donc aucune création d’emploi à attendre à Leucate.

La maintenance ne peut concerner Leucate, au mieux,  qu’en ce qui concerne sa partie la plus légère. En effet Port Leucate est un port de plaisance dont la réalisation empêche de recevoir des navires dépassant 23 mètres, au tirant d’eau très limité et, de plus, pratiquement inaccessible par gros temps. Ce n’est donc pas par-là que transitera une pale d’éolienne de rechange de 70 m de longueur, portée par un navire d’une centaine de mètres de long ! Barcarès n’est pas mieux préparé à ces aspects industriels.

Mais la maintenance d’un champ d’éoliennes offshore comporte beaucoup plus fréquemment la réalisation  d’un ensemble de petites opérations d’entretien, encore mal défini, comme l’indique actu-environnement/eolien-offshore : « Pour ce qui est de l'exploitation prévue pour 2018, les besoins sont encore flous. Une chose est toutefois certaine : il va falloir s'adapter à l'environnement marin et ses dangers. Intervention sous-marine, surveillance des câbles immergés, matelots mécaniciens… autant de compétences qui nécessitent une connaissance de la mer. Avec une expérience dans l'Oil & Gas et l'extraction minière sous-marine, la France possède déjà un savoir-faire dans l'économie maritime. » Cette compétence existe, au moins en partie, à Port la Nouvelle dont l’activité portuaire commerciale est très développée mais est totalement absente de Port Leucate. Par ailleurs, il faut prendre conscience qu’il n’est en rien intéressant de positionner un service de maintenance en un site géographiquement excentré et mal desservi au point de vue transports, comme Port Leucate, puisque ce service sera amené à intervenir sur bien d’autres installations éoliennes que celle qui nous préoccupe.

Convaincre le futur opérateur de la ferme éolienne de Leucate Barcarès de disperser son service de maintenance entre Port la Nouvelle, pour les grosses opérations, et Port Leucate pour la petite maintenance risque d’être délicat, pour ne pas dire illusoire ! De plus la maintenance quotidienne attendra difficilement que des conditions météo acceptables permettent l’entrée-sortie du port de Port Leucate !

L’électricité produite par ces éoliennes devra être amenée à terre par un câble sous-marin connecté au réseau EDF ; il est déjà acquis que la ferme éolienne de Gruissan livrera sa production électrique à Port la Nouvelle et non à Gruissan, il semble très probable car économiquement raisonnable que la ferme éolienne de Leucate Barcarès soit connectée au même endroit et non à Port Leucate où n’existe actuellement aucune infrastructure convenable.

Les retombées économiques de l’activité maintenance pour Leucate sont donc des plus douteuses, Port la Nouvelle étant presque aussi près des installations, bien mieux armé techniquement et bien plus aisément accessible ! La création d’emplois nouveaux à Leucate dans ce cadre est très peu probable car difficilement justifiable économiquement !

Les redevances, par contre, devraient sans ambiguïté constituer une importante retombée économique pour le budget communal de Leucate. Il faudra quand même ne pas oublier que la redevance fixée par le Code des Impôts (50 % d’environ 15 000 Euros par mégawatt installé et par an, voir notre article sur ce blog du 05/11/2016) sera à partager avec les communes littorales concernées,  Barcarès essentiellement pour une part importante, selon des proportions qui seront définies  par les préfets de l’Aude et des Pyrénées Orientales.

Selon la Commission Nationale du Débat Public (CNDP) (eolienmer/taxe-eoliennes) « la répartition de la taxe sur les éoliennes en mer est fixée par le Code général des impôts : 50 % du produit de cette taxe est affecté aux communes littorales d’où les installations sont visibles dans un rayon de 12 miles nautiques soit près de 22 kilomètres, autour de l’unité de production (……….).
La taxe est versée en fonction du nombre de mégawatts installés (…..).
Montant versé aux communes : Les communes éligibles à la taxe spécifique à l’éolien en mer ainsi que le montant exact qui leur sera alloué seront déterminés par le représentant de l’Etat dans le département. (……..). La règlementation prévoit que le montant versé est fonction de deux variables :    
- La distance de cette commune par rapport à la première éolienne visible ;
- La population de la commune par rapport à la population cumulée de toutes les communes bénéficiant de la taxe.
Le chiffre de la population pris en compte est celui de la population totale mentionnée à l'article R. 2151-1 du code général des collectivités territoriales. »

La ferme éolienne LEFGL devant être installée par 70 à 100 m de fond à 18 km de la côte Leucatoise (environ 10 miles, assez loin pour être peu visibles malgré leurs 200 mètres de haut, assez près pour donner lieu à redevance) lors de la période d’expérimentation, avec une puissance installée de 24 MW, la redevance annuelle perçue par l’ensemble des communes concernées pourrait atteindre 180 000 Euros/an.

Si  le projet aboutit, comme prévu, à l’exploitation d’une ferme de 60 éoliennes produisant 360 MW le pactole à partager entre les communes concernées pourra alors avoisiner 2 700 000 Euros/an, dont une grande partie sera bien pour Leucate ! Coté emploi, par contre, rien à attendre.

Conclusions : Michel Py vend du vent !

- La réalisation de cette ferme expérimentale d’éoliennes offshore de Leucate-Barcarès LEFGL semble offrir de grandes chances de succès, les partenaires de cette opération disposant déjà d’une solide expérience en la matière.

- Les retombées économiques pour Leucate de la mise en place de cette ferme expérimentale, puis de son extension à grande échelle seront nulles. Aucune création d’emploi n’est envisageable à ce titre.

- Les redevances, par contre, alimenteront notablement le budget communal (jusqu’à 5 à 10% du budget global actuel !), c’est le seul point positif – assurément non négligeable – de cette opération, en ce qui concerne la commune de Leucate.

- Les retombées économiques de la maintenance pour Leucate seront très probablement nulles,  avec hélas une probabilité négligeable de création d’emplois locaux.

Quand Michel Py annonce des créations d’emploi, il vend du vent !


samedi 21 janvier 2017

ÉOLIENNES EN MER : ÇA AVANCE… À GRUISSAN


Deux grands projets de fermes pilotes d’éoliennes en mer concernant notre côte languedocienne sont annoncés, l’un au large de Gruissan et l’autre au large de Leucate-Barcarès. Pour l’instant il s’agit d’une expérimentation visant à implanter 4 éoliennes dans chacune des deux fermes, l’objectif est de vérifier la faisabilité d’extensions à échelle industrielle visant à produire 500 MW (consommation d’un million d’habitants) sur les côtes d’Occitanie en 2025.


LE PROJET DE GRUISSAN : c’est parti

Le premier projet annoncé fut celui de Gruissan, mené par le consortium EolMed, il est le plus avancé : une première réunion de concertation sur ce projet a eu lieu à Port la Nouvelle ce vendredi 20 janvier 2017.
Un compte rendu de réunion peut être consulté sur le site :  http://www.lalettrem.fr

Vous trouverez ci-dessous le schéma d’implantation de cette ferme, l’éolienne la plus proche du rivage, ancrée par 55 mètres de fond,  sera à 16,3 km de la Plage de la Vieille Nouvelle. Ces éoliennes culminant à 176 mètres seront donc tout juste visibles du rivage.



La concertation démarre fin janvier 2017, la construction des flotteurs en béton aura lieu à Port la Nouvelle qui sera également port de maintenance.

La mise en service de la ferme expérimentale est prévue en 2020 pour une production de 25 MW, celle de la ferme complète produisant 500 MW est espérée en 2025.

EolMed annonce 206 emplois en phase de construction puis 25 en phase de maintenance ; la durée de vie prévue est de 20 ans.

Il n’a pas été question de la moindre retombée économique pour Gruissan, en dehors des redevances, lors de cette réunion d’information.


LE PROJET DE LEUCATE : attendre et voir !

Nous écrivions, le 5 novembre 2016 : « C’est un très gros groupe industriel de l’énergie, le groupe ENGIE (ex-GDF Suez), qui mettra en place à une distance de 12 à 15 kilomètres de la côte 4 éoliennes de 6 mégawatts, avec une mise en route prévue en 2021. A terme, si l’expérimentation s’avère satisfaisante, ce sont plus de 60 éoliennes qui pourraient y trouver place, la puissance installée passant alors des 24 MW de la phase expérimentale à plus de 360 mégawatts (1/3 de la puissance d’un réacteur nucléaire moderne). »

Rien de nouveau en ce qui concerne Leucate, ce qui n’est pas étonnant, les deux projets étant décalés de quelques mois.



LEUCATE POUR TOUS s’inquiète quand même de savoir si les assurances de Michel Py annonçant des retombées économiques pour le port de Port Leucate ont une quelconque réalité ou ne sont que de ces rodomontades qu’il manipule si bien en période électorale.